Choisir son énergie pour sa voiture, le dossier complet !

Essence, diesel, GPL, électrique, hybride, gaz naturel, autopartage… ? Pour quelle option se décider lorsque l’on veut changer de voiture ? Pas simple. On veut faire des économies bien sûr, mais on veut aussi polluer le moins possible. Existe-t’il une solution ?

Quelle énergie choisir pour ma voiture ?

Essence ou diesel : quel est le plus polluant ?

Alors que le diesel en octobre 2018 est, pour la première fois en France aussi cher que l’essence dans 1 station sur 5 et que des restrictions voire des interdictions de circulation apparaissent pour les diesels et vieilles voitures à essence, un point sur l’aspect pollution de ces deux carburants s’impose.

Contrairement aux idées reçues, le diesel n’est pas plus polluant que l’essence. Les deux polluent, mais de manière différente. Si le diesel est plus nocif pour l’humain avec son dégagement d’oxyde d’azote et de particules fines, il contribue moins au réchauffement climatique (notamment lorsqu’il s’agit de faire de longues distances).

Il émet 20% de moins de CO2 que l’essence. Nous laissons de côté ici les scandales à répétition sur des normes d’homologation des moteurs pas franchement en rapport avec la réalité !

 

carburant voiture

Classement véhicules

Le classement 2018 des véhicules particuliers les moins polluants édité par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) confirme ce point. La voiture essence la moins polluante dans ce classement: la Suzuki Celerio 1.0 rejette 84 CO2 (g/km). Les autres meilleurs véhicules à essence rejettent 88 CO2 (g/km).

Pour ce qui est du diesel, de nombreux modèles de Peugeot 208 ainsi que la DS D53 BlueHdi S&S ont un taux d’émission de 79 !

Le site du Service Public, en partenariat avec l’Ademe, met au service des particuliers un simulateur permettant de connaître le taux d’émission de sa voiture.­

Historique

L’Allemagne, où est né l’inventeur du moteur diesel Rudolf Diesel (1897), a purement interdit depuis mai 2018, l’interdiction des voitures diesel à Hambourg. Vont suivre les villes de Stuttgart, Düsseldorf… Cette mini-révolution pour cette grande patrie automobile enclenche certainement une nouvelle ère.

En France, la vignette Crit’Air se répand peu à peu, instaurant une circulation différenciée, voire l’interdiction de circulation pour certains véhicules, afin de limiter la pollution atmosphérique. Paris a ainsi instauré une Zone de Circulation Restreinte permanente de 8 h à 20 h pour les véhicules antérieurs à janvier 97 et ceux à diesel d’avant 2001 (vignette Crit’Air n°5). Grenoble a suivi le pas pour les utilitaires et les poids lourds d’avant 2002.

Une circulation différenciée est d’ores-et-déjà mise en place à Lille, Lyon, Strasbourg, Toulouse, Villeurbanne et Rennes ainsi que dans la Drôme et la Loire. De nombreuses autres métropoles envisagent de faire la même chose, à juste titre. Il est grand temps de réfléchir à une solution de déplacement plus écologique, en attendant des solutions alternatives réellement opérationnelles en terme de non-pollution et d’économies.

Existe-t’il des solutions plus écologiques ?

Si les voitures essence ou diesel représentent la quasi totalité du parc automobile, il existe d’autres alternatives. Bien que la voiture totalement écologique n’existe pas, certains véhicules ont cependant un impact moindre sur l’environnement. Le constat toutefois est à modérer en fonction du type de véhicule. Plus la voiture est petite et légère et moins elle requiert d’énergie pour sa construction. Mais qui de la hybride, électrique, à gaz naturel ou autre type de consommation est la moins polluante ?

La voiture hybride

Considéré comme propre, le moteur thermique engendre de la pollution atmosphérique. Sans parler de la fabrication des batteries lithium-ion et de leur recyclage.

La voiture électrique

Référons-nous à l’Ademe pour savoir si la voiture électrique est plus écologique que la voiture traditionnelle essence ou diesel :

« Sur l’ensemble de son cycle de vie, (sa) consommation énergétique… est globalement proche de celle d’un véhicule diesel (…). »

Autres soucis : le prix d’achat et la disponibilité des points de recharge. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, la voiture électrique n’est pas la solution ultime contre la pollution. Si elle n’émet pas de pollution au niveau local, c’est sa production qui pose problème.

Biocarburants SP95-E10 et E85

Même si le biocarburant français n’est pas synonyme de déforestation car produit exclusivement en France, il a tout de même un impact environnemental. On lui reproche essentiellement de concurrencer l’offre des matières premières en utilisant de la surface agricole utile. Cependant, cette surface ne serait que de 1% !

Par rapport à l’essence fossile, le Superéthanol-E85 permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40%. Côté prix, l’E85 est très avantageux, environ 70 centimes d’euros à la pompe en octobre 2018. Le boîtier, homologué depuis décembre 2017, s’adapte aux voitures essences éligibles à la norme d’antipollution « euro 3 » (date de première immatriculation à partir du 1/1/2001).

Bio diesel

Comme l’E85, le biodiesel est produit à partir de ressources renouvelables et non de produit pétrolier. Jusqu’à un mélange de 30% avec le diesel classique (Diester), nul besoin de faire modifier la motorisation de son véhicule.

Si la production de biodiesel, en circuit fermé, ne produit pas de gaz à effets de serre, elle induit une déforestation massive. La France importe en effet la moitié des ressources pour le produire et notamment la très controversée huile de palme, bien moins chère que le colza. Son bilan est aussi très négatif en termes d’émissions de N2O et d’utilisation de pesticides.

Un espoir cependant : les bons résultats concernant les recherches de biodiesels 3e génération à partir d’algues.

GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié)

Mélange de gaz naturel, de butane et de propane, ce carburant alternatif éco-responsable obtenu lors du raffinage du pétrole, est le plus utilisé dans le monde. Il émet 20% de moins en moyenne de CO2 qu’une voiture à moteur essence. Le GPL ne produit pas de particules fines et ses émissions d’oxyde d’azote et d’hydrocarbures imbrûlés sont très réduites. A l’instar du véhicule électrique, un véhicule qui roule au GPL ne subit pas les restrictions de circulation lors des pics de pollution.

Autres atouts : le GPL est environ 2 fois moins cher que l’essence (70 centimes en octobre 2018), sa consommation est réduite d’environ 30%, il fait bénéficier du bonus écologique de l’état, on en trouve de partout, récupération TVA à 100%, malus réduit, carte grise réduite voire gratuite, etc.
Pour qu’une voiture à essence d’occasion puisse rouler au GPL, il suffit de faire installer, chez un installateur agréé, un kit GPL. Coût aux alentours de 3 000€.
Malgré ses avantages, le GPL ne trouve pas sa place en France. Il souffre d’une mauvaise image : risque d’explosion, homologation du kit de carburation tous les 8 ans, etc.

Le GNV (Gaz Naturel pour Véhicules)

Les GNV sont considérés comme les plus écologique des carburants, qu’il s’agisse de Gaz Naturel Compressé, Gaz Naturel Liquide, BioGNV…
Il s’agit de gaz naturel mis sous pression. Plus léger que l’air, le GNC se dissipe une fois libéré plutôt que de stagner comme le GPL, ce qui réduit son impact sur la santé.
Atouts du GNV : diminution de 30% des émissions de CO2, impact carbone quasi nul notamment pour le bioGNV, réduction de 60 à 90% des oxydes d’azote, aucune odeur, moins de nuisance sonore, etc.

De plus en plus utilisées en France par les entreprises, les véhicules au GNV devraient être promis à un bel avenir si les stations le proposent (250 stations prévues en 2025).
La transformation se fait à partir d’un moteur à essence chez un spécialiste agréé.
Si le GNV apparaît actuellement comme la solution la plus écologique, il est trop tôt pour savoir si le marché a de l’avenir. Tout dépend des constructeurs, des stations qui vont le distribuer ou non, des coups de pouce de l’état (il est actuellement exclu du bonus écologique pour les véhicules inférieurs à 3,5 tonnes). Sachez que certaines régions ont mis en place des dispositifs pour soutenir ce carburant prometteur, notamment auprès des professionnels mais aussi parfois des particuliers comme la Normandie notamment. Renseignez-vous.

Conclusion

Depuis le début des années 1990, de nombreuses pistes de recherche sont à l’essai (GTL à Strasbourg, micro-algues, huile végétale…) pour compenser les hausses de prix, la raréfaction du pétrole, limiter l’impact sur l’environnement… En attendant, faisons au mieux pour limiter l’usage de la voiture, utilisons, lorsque nous le pouvons, le covoiturage et l’autopartage, etc.

Pour rappel :
Depuis le 12 octobre 2018, à la pompe :
Essence : le SP95 et SP98 est devenu du E5 (5% d’éthanol),
Biocarburants : le SP95-E10 est devenu du E10 (10% d’éthanol), le super-éthanol du E85
Diesel : il est devenu un ‘B’ pour biodiesel (diesel classique = B7) ; devrait rapidement apparaître du B10 mais aussi du XTL (diesel synthétique non dérivé du pétrole).
Gaz : LPG (actuel GPL) et GNC