nouvelles heures creuses

Nouvelles heures creuses chez EDF : ce qui va changer et comment en profiter pour réduire votre facture

Temps de lecture : 9 minutes

Depuis le 1er novembre 2025, la répartition des heures creuses peut évoluer selon les communes et les contraintes locales. Résultat : des horaires parfois déplacés, des plages qui ne ressemblent plus à “tout la nuit”, et des automatismes (ballon, lavage, recharge) à recaler. L’objectif, ici, est concret : retrouver les bons créneaux, programmer les appareils au bon moment et vérifier si l’option heures pleines / heures creuses reste pertinente pour votre consommation.

Beaucoup de foyers s’en rendent compte au pire moment : un mois “normal”, et pourtant la facture monte. Un détail suffit parfois à tout expliquer : une machine lancée juste après la fin du créneau, un ballon resté en marche forcée, ou une fenêtre de recharge mal alignée. Ce n’est pas théorique. C’est le genre d’erreur vécue qui coûte, parce qu’elle passe inaperçue… jusqu’au relevé suivant.

Comprendre le principe : ce que l’option HP/HC fait (et ce qu’elle ne fait pas)

Le mécanisme est simple : avec l’option heures pleines / heures creuses, le prix du kWh varie selon des horaires fixés pour votre point de livraison. Les heures creuses sont des périodes où l’électricité est facturée moins cher, tandis que le reste de la journée est facturé au tarif heures pleines.

Il faut être lucide : ce dispositif ne baisse pas automatiquement la consommation. Il change surtout la façon dont elle est facturée. Un ballon d’eau chaude trop chaud, une isolation médiocre ou des radiateurs mal pilotés resteront des problèmes… même si une partie des usages passe en heures creuses.

Un autre point souvent oublié : l’abonnement (lié à la puissance en kVA) pèse parfois autant que les écarts de tarif. Si la puissance souscrite a été augmentée “pour éviter que ça saute”, l’économie attendue peut se faire grignoter. C’est du vécu : on règle une gêne, puis on découvre un surcoût durable.

Qui décide des horaires : EDF, Enedis, le fournisseur… et le réseau

La répartition des horaires est liée au réseau de distribution. Enedis attribue les plages de heures creuses en fonction des contraintes locales, de l’équilibrage et des besoins du système. EDF est un fournisseur parmi d’autres : il facture, propose des offres, accompagne les clients, mais ne choisit pas librement vos créneaux.

Ce point change la façon de comparer : changer de fournisseur n’implique généralement pas de changer les horaires à la même adresse. Les tarifs, le prix du kWh, le niveau de service, la lisibilité de l’espace client ou l’application de suivi, eux, peuvent varier.

Ce qui change depuis le 1er novembre 2025 : des créneaux parfois plus “mixtes”

Le grand changement depuis novembre 2025, c’est la logique de répartition : les heures creuses ne se résument plus, partout, à un bloc uniforme pendant la nuit. Selon les zones, on observe des découpages plus mixtes, avec un segment nocturne et un segment en journée. L’idée est d’aligner davantage les incitations tarifaires sur les besoins du système et les réalités de production.

Pourquoi c’est important ? Parce qu’une programmation “ancienne génération” (par exemple un départ différé calé systématiquement à 22h) peut tomber à côté. À ce titre, l’option peut devenir moins intéressante sans qu’aucun appareil ne soit “en panne”. Juste mal calé.

Quelles sont les heures creuses exactes pour votre logement ?

Il y a une règle d’or : ne pas deviner. Les heures creuses exactes se vérifient, et rapidement. Trois pistes, pratiques, utilisées par la plupart des clients :

  • Sur la facture : la mention des index (heures pleines / heures creuses) et, selon les documents, le rappel des créneaux.
  • Dans l’espace client de votre fournisseur (dont EDF) : onglet contrat, caractéristiques, ou détail du point de livraison.
  • Via le compteur communicant : certains écrans affichent les informations de période tarifaire (selon paramétrage).
  Audit électrique domestique : détecter les surconsommations pièce par pièce

Si l’information n’apparaît pas clairement, une méthode simple évite de tourner en rond : demander au fournisseur un récapitulatif par mail avec les créneaux applicables. Ça paraît basique, pourtant c’est souvent ce qui met fin aux suppositions du type “chez mon voisin c’est pareil”. Non, pas toujours.

Repérer si l’option est active : les indices qui ne trompent pas

Avant d’optimiser quoi que ce soit, il faut confirmer l’option en place. Concrètement, trois contrôles :

  • Le contrat : la mention heures pleines / heures creuses apparaît dans les conditions particulières.
  • La facture : deux lignes de consommation et deux index distincts (HP et HC).
  • L’espace client : caractéristiques du contrat, puissance, période tarifaire.

Une erreur courante (et franchement compréhensible) : regarder seulement le total à payer, sans voir qu’il y a deux index. On pense être en base, on ne l’est pas. Et on pilote donc “à l’aveugle”. À partir de là, tous les conseils deviennent bancals.

Chiffres utiles : ordres de grandeur pour décider sans se raconter d’histoires

Pour 2026, les grilles exactes dépendent de l’offre, du fournisseur et des zones. Un repère reste parlant : en France, l’option HP/HC conserve souvent un écart de prix du kWh de l’ordre de 20% à 30% entre HC et HP sur des offres “classiques”, mais l’abonnement est fréquemment plus élevé qu’en option base. Autrement dit : si peu d’usages basculent réellement, le gain s’évapore vite.

Dans la pratique, les postes les plus “déplaçables” sont connus : ballon d’eau chaude, appareils de lavage, et recharge de véhicule. Ce sont eux qui font le résultat, pas une chasse au minuteur sur l’éclairage.

Pour donner un ordre de grandeur exploitable : une recharge de 20 kWh (environ 100 à 130 km selon le véhicule et la saison) répétée 3 fois par semaine représente autour de 3 000 kWh/an. Un ballon de 200 L, lui, tourne souvent entre 1 500 et 2 500 kWh/an selon le nombre d’occupants et la température de consigne. Ça pèse lourd. Beaucoup plus qu’on ne l’imagine quand on se focalise sur “éteindre la veilleuse”.

Le point clé : calculer le “déplaçable” avant de courir après les horaires

La bonne question n’est pas “à quelles heures sont mes heures creuses ?” (même si c’est indispensable). La bonne question est : quelle part de la consommation du foyer peut être déplacée sans dégrader la vie quotidienne ?

Exemples typiques :

  • Ballon d’eau chaude : presque toujours pilotable, donc très rentable.
  • Lave-linge / lave-vaisselle : pilotables via départ différé.
  • Recharge : pilotable via le véhicule, la borne ou une application.
  • Cuisson : rarement, car elle suit les repas.
  • Chauffage électrique : partiellement, selon inertie et thermostat.

À ce stade, un détail fait gagner du temps : lister 3 usages prioritaires, pas 12. Trop d’actions tuent l’action. Et, dans la vraie vie, un système simple est celui qui tient dans la durée.

Programmer les appareils : actions concrètes qui font vraiment baisser la facture

Le piège le plus fréquent n’est pas “d’oublier” les heures creuses. C’est de croire que la programmation est correcte alors qu’elle ne l’est pas. Deux raisons : (1) les appareils n’ont pas tous la même logique de départ différé, (2) une coupure ou une remise à zéro peut effacer des réglages.

Ballon d’eau chaude : le réglage qui rapporte

Le ballon d’eau chaude est souvent le poste le plus rentable à aligner sur les heures creuses, parce qu’il consomme régulièrement. Actions utiles :

  • Vérifier le contacteur au tableau : mode auto (et non marche forcée permanente).
  • Contrôler la température : trop haut = pertes accrues, trop bas = inconfort et “rattrapage”.
  • Observer 7 jours : si ça chauffe en heures pleines, il y a un réglage à corriger.

Conseil terrain : après une intervention électrique, un dépannage, ou même un simple test, le ballon reste parfois en marche forcée. Personne ne le remarque immédiatement. La facture, elle, le remarque très bien.

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Lave-linge et lave-vaisselle : le test simple sur une semaine

Pour ces appareils, il faut traiter la question comme un mini-projet : un réglage, puis une vérification. En pratique :

  • Identifier si le départ différé est en “durée avant démarrage” ou en “heure de démarrage”.
  • Prendre en compte la durée totale du cycle, surtout si le créneau est court.
  • Faire un test réel : lancer un cycle et vérifier l’heure de départ effective.

Ce contrôle évite l’erreur classique : croire viser les heures creuses, alors que le cycle démarre en heures pleines. C’est bête, mais c’est fréquent. Et ce n’est pas un manque d’intelligence : c’est juste une interface mal pensée.

Recharge de véhicule : échelonner pour éviter les coupures

La recharge est un levier énorme, surtout si le véhicule roule beaucoup. Mais elle peut aussi révéler un problème de puissance. Si le ballon, le lave-vaisselle et la recharge démarrent ensemble, le disjoncteur finit parfois par trancher.

Action efficace : créer une fenêtre de recharge qui démarre plus tard que les autres usages, ou réduire temporairement la puissance de charge. Cela préserve la stabilité du foyer sans augmenter la puissance en kVA “juste pour être tranquille”. Parce qu’augmenter, c’est parfois payer plus tous les mois.

Quand les heures creuses tombent en journée : solutions pour les actifs

Si une partie des heures creuses se situe en journée, c’est parfois une opportunité, pas un problème. À condition d’automatiser. Le foyer n’a pas besoin d’être présent pour :

  • chauffer l’eau chaude,
  • lancer un lave-vaisselle,
  • planifier une recharge (si le véhicule est au domicile).

La domotique “complexe” n’est pas obligatoire. Une programmation intégrée + une routine stable suffisent souvent. L’important est que le système soit utilisé, pas admiré.

Faut-il changer d’option ou de fournisseur ?

Il n’y a pas de réponse universelle. Certains clients gagnent à rester en heures pleines / heures creuses, d’autres ont intérêt à repasser en base si la part déplaçable est faible. La question se tranche avec des données : répartition HP/HC, puissance en kVA, et usages réels.

Côté fournisseur, comparer peut être utile, notamment sur :

  • le prix du kWh (HP et HC),
  • l’abonnement,
  • les tarifs indexés ou fixes,
  • la qualité du service (suivi, lisibilité de la facture, alertes, etc.).

Ce qui ne change pas “par magie”, on l’a dit : les créneaux restent liés au réseau. Donc un changement de fournisseur n’est pas un bouton “nouveaux horaires”.

Plan d’action rapide (30 minutes) : vérifier, programmer, contrôler

1) Récupérer les horaires officiels. Passer par la facture, l’espace client, ou une demande au fournisseur (idéalement par mail pour garder une trace). Noter les créneaux et les afficher dans un mémo partagé.

2) Lister 3 usages à déplacer. Priorité : ballon d’eau chaude, lavage, recharge. Garder une approche pragmatique.

3) Programmer maintenant. Départ différé, contacteur, application, véhicule : choisir l’outil le plus simple.

4) Contrôler sur 7 jours. Vérifier la répartition de consommation entre HP et HC dans le suivi. Corriger si un cycle démarre trop tôt, trop tard, ou si plusieurs appareils se superposent.

Tableaux pratiques (détaillés, copiables, optimisés extraction)

Tableau 1 — Audit “heures creuses” (post-2025) : données à relever, preuves à conserver

Point de contrôle Donnée à noter Où trouver l’info Preuve utile à conserver Erreur fréquente Action corrective immédiate
Option tarifaire active Base ou HP/HC + date d’effet Contrat + facture Capture PDF du contrat ou page récap Confondre “montant” et “type d’option” Confirmer l’option avant toute programmation
Créneaux HC officiels Début/fin des plages + jours concernés Espace client / facture / compteur Mail du fournisseur récapitulatif Se baser sur “la nuit” ou sur le voisinage Écrire les créneaux dans un mémo partagé
Puissance souscrite Valeur en kVA Facture / espace client Facture récente (ligne abonnement) Augmenter la puissance sans diagnostiquer les causes Échelonner les démarrages avant d’augmenter
Ballon d’eau chaude Mode (auto/forcé) + températures Tableau électrique + réglages ballon Photo du contacteur (position) Marche forcée oubliée après travaux Repasser en auto + vérifier sur 7 jours
Lave-linge Type de départ différé (durée vs heure) Menu de l’appareil / notice Note écrite du mode choisi Cycle qui démarre en HP sans que personne ne le voie Faire 1 test réel et confirmer l’heure effective
Lave-vaisselle Durée du cycle + heure de départ Programme + écran Historique application si disponible Cycle qui déborde hors créneau Avancer le départ ou choisir un programme plus court
Recharge véhicule Fenêtre de charge + puissance Voiture / borne / application Capture de la programmation Démarrage simultané avec ballon et lavage Décaler la charge ou limiter la puissance
  Réduire sa consommation énergétique avec des menuiseries adaptées

Tableau 2 — Priorisation des usages : ce qui se pilote facilement (et ce qui mérite prudence)

Usage Niveau de pilotage Conditions techniques Contraintes de vie Impact probable sur la facture Recommandation
Eau chaude sanitaire (ballon) Élevé Contacteur auto + réglage cohérent Faible Souvent significatif sur l’année Priorité n°1 : aligner sur les créneaux HC
Lave-linge Bon Départ différé fiable Faible à moyenne (bruit) Modéré, mais régulier Programmer + contrôler 1 semaine
Lave-vaisselle Bon Départ différé + cycle compatible Faible Modéré Caler pour finir dans le créneau, pas après
Sèche-linge Moyen Programmation possible selon modèle Moyenne (bruit, sécurité) Variable À utiliser avec prudence, privilégier d’autres postes
Cuisson Faible Peu pertinent Élevée (repas) Faible Ne pas forcer : gain faible, contrainte forte
Chauffage électrique Variable Thermostat, inertie, zones Moyenne à forte (confort) Variable Ajuster progressivement, éviter le “tout couper / tout rattraper”
Recharge véhicule Élevé Programmation véhicule/borne + puissance dispo Faible si véhicule stationné au domicile Élevé si kilométrage important Créer une fenêtre stable et échelonner les gros usages

Erreurs fréquentes :

Les mêmes scénarios reviennent, quelle que soit la région. Et ils expliquent une grande partie des “déceptions” :

  • Programmer “comme avant” alors que les horaires ont changé : la consommation retombe en heures pleines.
  • Lancer plusieurs gros appareils sur le même créneau : coupures, puis hausse de kVA… et abonnement plus lourd.
  • Oublier le ballon en marche forcée : il chauffe au mauvais moment, tous les jours.
  • Confondre l’option avec un “bonus automatique” : sans déplacement réel, ça peut coûter plus cher.

La correction la plus rentable est souvent la plus simple : faire un test sur 7 jours après chaque changement (nouveaux créneaux, nouvel appareil, nouvelle routine). C’est court, c’est mesurable, et ça évite des mois de dérive.

A retenir

  • Depuis le 1er novembre 2025, les heures creuses peuvent être redécoupées : certaines plages existent aussi en journée, pas uniquement la nuit.
  • Les horaires se vérifient sur la facture, dans l’espace client, au compteur, ou via une demande au fournisseur (idéalement par mail).
  • Le gain vient du déplacement d’usages pilotables (ballon d’eau, lavage, recharge), pas d’une surveillance permanente de l’horloge.
  • La puissance en kVA compte : échelonner les démarrages évite des coupures et limite les hausses d’abonnement.
  • Comparer les tarifs et le prix du kWh a du sens, mais les créneaux restent liés au réseau (piloté par Enedis).

Sources :

  • https://www.enedis.fr/
  • https://particulier.edf.fr/fr/accueil/aide-contact/faq.html
  • https://www.cre.fr/
  • https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2325
  • https://www.ecologie.gouv.fr/
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