Que sait-on sur la prochaine RT 2020 ?

Annoncée depuis 2014, la Réglementation Thermique (RT) 2020 approche à grand pas. Elle rendra obligatoire la norme énergie positive à tous les logements neufs, une étape de plus par rapport à la RT 2012 qui n’imposait « que » une basse consommation des bâtiments. La RT 2020 sera applicable à partir de fin 2020, sauf pour les bâtiments publics comme les écoles et les mairies pour lesquels la réglementation est déjà appliquée. Mais que contient cette RT 2020 au juste ? Le point sur Greenwatt.

En quoi consiste la RT 2020 ?

Si la RT 2012 s’attachait à la réduction de la consommation énergétique des bâtiments (via l’isolation thermique par exemple), la RT 2020 met elle l’accent sur la production d’énergie par les logements.

Sans oublier les apports de la RT 2012, la RT 2020 va ainsi plus loin et vise à créer des habitations qui produisent au minimum autant d’énergie qu’elles en consomment. Le but ? Un bilan environnemental neutre voire positif. Ainsi, si la RT 2012 prévoyait le label BBC (Bâtiment de Basse Consommation), la RT 2020 prône la notion de BEPOS (Bâtiment à Energie Positive), à laquelle certains constructeurs de maison à Tours ou ailleurs sont déjà habitués.  

Le BEPOS est une construction neuve ou rénovée qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme grâce notamment à une centrale photovoltaïque. La dépense énergétique des BEPOS devra donc être inférieure à 0 kWh/m² par an, un objectif ambitieux mais possible.

La nouvelle réglementation thermique change donc de nombreuses choses dans le domaine de la construction de bâtiments. Pour être agréée RT 2020, une maison neuve ou remise aux normes doit se plier à différents critères exigeants. Par exemple, la consommation totale d’énergie du bâtiment doit se situer en-dessous des 100 kWh/m²/an et la dépense de chauffage en dessous de 12 kWhep/m²/an. Le logement devra également être équipé de systèmes produisant de l’énergie :

  • Panneaux photovoltaïques
  • PHE
  • Système de chauffage alternatif (chaudière à condensation par exemple)

Quelles conséquences sur les logements RT 2020 ?

La RT 2020 a été conçue pour avoir des conséquences sur le mode de construction des logements, sur la vie quotidienne des ménages et sur l’environnement.

En effet, le bâtiment représente 40 % de l’énergie totale consommée en Europe, se plaçant devant l’industrie dans la responsabilité des émissions de gaz à effets de serre. La RT 2020 a ainsi pour but de réduire la consommation d’énergie et l’émission de CO2 générés par la construction des logements et leurs utilisations ultérieures par les individus.  Cela est permis par la construction de maisons autonomes à énergie positive.

Cela aura ainsi également un impact sur le mode de construction des bâtiments. En effet, les professionnels devront se tourner vers des matériaux différents : brique de terre cuite, brique de terre crue ou encore bois pour l’ossature du bâtiment ; chanvre, fibre de bois, liège, feutre de laine de mouton ou encore ouate de cellulose pour assurer une isolation efficace. Il s’agit des matériaux à privilégier pour correspondre aux attentes de la RT 2020.

Enfin, les futurs propriétaires verront également des impacts sur leur projet immobilier. S’ils payeront beaucoup moins cher leurs dépenses en énergie et si leur empreinte carbone sera réduite par rapport à un logement classique, faire construire sa maison en Indre- et-Loire ou ailleurs coûtera entre 5% et 10% plus cher. Cependant, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) temporise en expliquant que ce surcoût sera rapidement compensé par la baisse des dépenses énergétiques et par l’apport des aides financières accordées aux futurs propriétaires d’un logement RT 2020.

La RT 2020 est une certification innovante et exigeante qui permettra aux ménages de mieux contrôler leur consommation énergétique et au secteur du bâtiment entier de réduire son empreinte carbone. Cependant, selon les difficultés financières et techniques rencontrée, l’entrée en vigueur de la RT 2020 prévue au 1er Janvier 2021 pourrait être repoussée à 2025…

Auteur : Joshua B.